Côte d’Ivoire / Présidentielle 2020 : KKB présente son offre politique

par Sylvain ZEGAH

Kouadio Konan Bertin s’est peint sous les traits du candidat de la rupture avec l’ordre ancien, le dimanche 4 octobre.

Certains l’accusent d’avoir été acheté par Alassane Ouattara pour donner une caution à l’élection présidentielle du 31 octobre prochain. D’autres, par contre, jurent qu’il est la carte secrète d’Henri Konan Bédié. Mais son discours d’investiture de ce dimanche 4 octobre ne laisse la place à aucun doute. KKB roule pour Kouadio Konan Bertin.

Pour le candidat indépendant issu des rangs du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (Pdci, ex-parti unique), Bédié et Ouattara ont échoués et dévoyé la vision de Félix Houphouët Boigny dont ils se disputent l’héritage. Dans des mots à peine voilés, il a accusé ses aînés d’avoir une large responsabilité dans la déliquescence de la Côte d’Ivoire.

C’est à Henri Konan Bédié, celui qui a succédé au premier président ivoirien et patron du Pdci, que Kouadio Konan Bertin, porte la première charge. « Ma famille politique a été muselée par quelques hiérarques du PDCI qui par peur de perdre leurs privilèges ont interdit tout débat démocratique interne. Le candidat de ce parti n’a hélas aucun projet. C’est une candidature de revanche avec pour objectif la pure et simple restauration d’un pouvoir perdu. Tournant le dos aux enseignements de son créateur ce parti s’éloigne de l’exigence d’union du peuple ivoirien ; il cherche à diviser, à cliver, il promeut l’affrontement là où la concorde démocratique s’impose », a assené un KKB très virulent.

Alassane Ouattara n’échappera pas, également, au courroux de celui qui se veut le candidat de la rupture avec l’ordre ancien. Dans la suite de son allocution, Kouadio Konan Bertin va décrier les tares de la gouvernance du président sortant. « La croissance est indispensable mais elle doit être justement répartie. Aujourd’hui tous les fruits vont dans les poches de certains en complicité avec de grandes sociétés multinationales qui pillent nos ressources. Les riches sont de plus en plus riches et les pauvres demeurent effroyablement pauvres. Je serai le Président de l’équité. Je m’engage solennellement à lutter radicalement contre la corruption qui mine tout effort national. Il faut réinventer la méritocratie ivoirienne. Diplômes, emplois, aides sociales, contrats en tous genres ne doivent plus être accordés en fonction de son ethnie, de sa proximité avec le pouvoir, mais en fonction de son travail, de ses capacités, de son mérite. Je veux en finir avec la Côte d’Ivoire des copains et des coquins », a canonné KKB pour déconstruire le bilan de celui qu’il veut remplacer au palais du Plateau.

La consolidation de la paix et la lutte contre la corruption ne sont pas les seuls axes de son programme. L’ex-président des jeunes du Pdci veut faire de la promotion de la jeunesse l’un des piliers de sa gouvernance. Notamment, à travers des bourses de formations et une meilleure insertion socioprofessionnelle.

Henri Konan Bédié, Affi N’guessan, Alassane Ouattara et Kouadio Konan Bertin sont les 4 candidats retenus par le Conseil constitutionnel ivoirien pour participer à la prochaine course à la magistrature suprême. Après l’appel des 2 premiers cités à désobéissance civile et au boycott du scrutin du 31 octobre 2020, Kouadio Konan Bertin reste l’unique challenger du président sortant.

Sylvain ZEGAH

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