Côte d’Ivoire / Issiaka Diaby (Président CVCI) : « Nous ne sommes pas contre le retour de Laurent Gbagbo »

par David BLAY

Le président du Collectif des victimes en Côte d’Ivoire (CVCI) a précisé le sens du combat de son organisation, le samedi 22 mai.

S’exprimant au cours d’un rassemblement des victimes des crises, le samedi 22 mai 2021, à la place Akwaba de Port-Bouet (commune du sud d’Abidjan), Issiaka Diaby a affiché les motivations des récentes manifestations du CVCI.

Selon lui, son organisation ne s’oppose pas au retour de l’ex président Laurent Gbagbo et de Charles Blé Goudé en Côte d’Ivoire. Un droit qui leur est, d’ailleurs, garanti par la constitution. Toutefois, les victimes réclament l’application pleine et entière des lois. « Nous ne sommes pas contre le retour de Laurent Gbagbo. Nous sommes ici pour, encore, réaffirmer notre détermination à agir afin que les décisions issues des lois votées à l’Assemblée nationale au nom du peuple, soient exécutées. Si Laurent Gbagbo arrive, il faut qu’il soit arrêté par la police des frontières et conduit à la Maison d’arrêt et de correction d’Abidjan (Maca) », a-t-il déclaré.

Poursuivant, M. Diaby a expliqué que le CVCI n’est animé d’aucune animosité envers les compatriotes ayant séjourné dans la prison de la Haye. Œuvrer pour que la Côte d’Ivoire soit un état de droit étant bénéfique pour tous les ivoiriens, y compris Laurent Gbagbo. « Si nous nous sommes réunis pour lutter contre l’impunité, c’est pour le préserver lui-même et sa famille, demain. Je vous rappelle que Guéi Robert a bénéficié de l’impunité. Il a introduit une clause dans l’ancienne constitution pour que les auteurs du coup d’état de 1999 ne soient pas poursuivis. La suite, nous la connaissons. Il a été lui-même victime de l’impunité. Derrière l’impunité, il y a les représailles et la vengeance », a précisé le chef de file des victimes.

La marche des victimes des crises du carrefour Akwaba à l’aéroport Félix Houphouët Boigny, ce samedi,  pour réclamer l’exécution des décisions de justice prononçant la condamnation de Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé n’a pu se dérouler. La gendarmerie s’étant déployée pour l’empêcher. « C’est une provocation du gouvernement ivoirien », a dénoncé le président du CVCI.

David BLAY

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